Il est doux de se souvenir des moments passés en compagnie de son père lorsque l’on était jeune enfant. Je mentionne spécialement le père, car c’est souvent avec lui que l’on vit nos premières aventures hors du giron maternel.
C’est à cela que je pensais la semaine dernière alors que je prenais l’avion pour retrouver ma femme et mon fils. J’étais seul, mais assis derrière moi se trouvaient un père et son fils auxquels je n’avais pas porté attention en prenant place si bien que j’ignorais qu’ils fussent là avant qu’ils se missent à converser. À en juger par le vocabulaire et les questions de l’enfant, celui-ci ne devait pas avoir plus de six ans. C’était visiblement son baptême de l’air et tout ce qu’il pouvait apercevoir par le hublot se traduisait en questions et sous questions à son père. Le père prenait grand soin de répondre à l’enfant avec clarté et rigueur dans ses explications. Je peux même avancer qu’il devait avoir une certaine éducation pour être en mesure d’expliquer le plus simplement du monde, mais avec exactitude, des détails techniques reliés au vol.
Nous étions en bout de piste prêt à décoller. Je ne portais plus attention à eux tant j’étais absorbé par la pensé de mon propre fils quand soudain un violent bruit de claque me fit dresser l’oreille vers l’arrière de mon siège. Le père venait de gifler l’enfant parce qu’apparemment il voulait feuilleter les documents qui se trouvaient dans la pochette du siège devant lui. Ce qui ne se fait pas au moment du décollage comme l’expliquait très posément le père à l’enfant en sanglots.
L’enfant retenait ses cris de douleur et pleurait, le souffle court, le visage entre ses mains. Ainsi se déroula son premier décollage, celui qu’il anticipait fébrilement depuis une dizaine de minutes en interrogeant son père. Ce dernier enjoint calmement à l’enfant de cesser de pleurer. Ce qu’il fit. Nous étions déjà à une certaine altitude lorsqu’il put s’émerveiller de la petitesse et du nombre des maisons tout en s’essuyant les yeux et en reniflant. Je retournai à la pensée de ma famille tout en cherchant à chasser de mon esprit la scène qui s’était déroulée derrière moi.
Après un vol sans histoire où j’ai pu m’interroger sur l’enthousiasme encore une fois démesuré à propos du dernier film des frères Cohen, la conversation reprit derrière moi à l’approche de l’atterrissage. Cette fois le bruit des moteurs m’empêchait de saisir leurs propos, mais le père semblait presser son fils de procéder avec ordre et méthode avant que nous touchassions la piste. Le discours du père, bien que toujours posé, s’intensifia jusqu’à ce que retentisse un bruit sourd. Je devinai aux pleurs de l’enfant que l’on venait de lui frapper la tête contre le hublot. L’avion se posa malgré tout, même si l’enfant n’avait pas exécuté toutes les procédures que son père lui commandait.
Lorsque nous quittâmes nos sièges, je jetai un coup d’œil en direction du paternel. Il était bien habillé, propre et la soixantaine fort avancée. Je me consolai donc en sachant que le petit garçon qu’était son fils n’en avait plus pour longtemps à supporter son éducation.
Par contre, lorsqu’il sera devenu un homme adulte, il sera à jamais tenaillé par l’incertitude de savoir s’il aimait son père ou s’il le détestait profondément.
samedi 29 mars 2008
Le père
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8 commentaires inutiles et incertains:
Beaucoup plus de gens qu'on pense on la taloche facile comme si ça réglait tout. Par la suite, on mettra sur les jeux vidéos l'agressivité des enfants.
Un beau cercle vicieux.
Bien que l'échelle du sévisse ne soit pas la même, je pense que la taloche est aussi utile à l'éducation d'un enfant que la peine de mort l'est à la répression de la criminalité. C.-à-d. que son seul effet est d'assouvir les pulsions de violence du bourreau.
C'est affreux! J'espère vraiment que c'est son grand-père s'il est si vieux et qu'il n'a pas à le côtoyer trop souvent. J'espère qu'il a une mère aimante et chaleureuse. J'espère que ce père ou grand-père a des droits de visite très limités et évidemment que la mère de l'enfant s'est séparée de ce monstre. Il est beaucoup plus difficile de protéger un enfant de ces tortionnaires "éduqués" que de ceux qui sont plus rustres et sans vocabulaire. Le bourreau littré saura convaincre qu'il a agi "pour le bien" de l'enfant et dans un but éducatif. Méprisable. Dans la plupart des cas, les enfants aiment leur parent et se culpabilisent de la violence. "Si j'avais été plus fin, si j'avais mieux écouté..."
Durant un bref moment, vous m'avez permis de me remémorer les voyages familiaux que mon paternel organisait. Ils prenaient, à chaque fois, le tems de préparer un cahier avec des textes décrivant les aspect géographique, culturel et historique d'improtance de la région que nous traversions. Il prenait soin d'ajouter des petits jeux étant relier au prédédents textes pour nous tenir occupé et nous permettre d'en apprendre plus sur le paysage environnent. Ainsi, chaque aprcelle de terrain que nous traversion était plus qu'une belle image emplit d'arbre et de béton avec quelques chaumières émergent sporadiquement.
Puis je lis la suite... J'ai déjà eu des tapes sur les fesses étant jeunes. Je crois que je les méritais. Il y avait toujours de multiples avertissement et, lorque je résistait, la tape retentissait. Juste une... mais pas forte. Juste pour donner une sensation de démengaisons. Je suis conscient que mon père aurait pu la donner plus forte, mais ce n'était qu'un simple avertissement. Je n'approuve pas la fessé, mais je suis heureux de n'avoir reçu que des avertissements.
Toutefois, si il y a une chose que mon partenel n'as jamais fait, c'est me corrigé sur mes agissement sociaux. Uniquement sur les mauvais coups que je faisait (et j'en ai reçu peu pour la quantité effectué). Jamais il n'aurait frappé ailleurs. Jamais il ne m'aurait inculqué le savoir vivre par la violence. D'ailleurs, je n'arrive pas à comprendre comment cela est possible tout comme j'ignore si cet enfant aimeras son père... ou le détestera. Pire encore, j'ignore si, dans l'avenir, il prendra son exemple et copiera ses agissement avec son fils.
Très parlantes ces claques. Cela n'a aucun rapport avec l'amour mais tout avec le comportement, l'éducation.
Quelle idée de frapper quelqu'un pour lui faire comprendre quelque chose. La où les mots deviennent impuissants, les coups ne doivent pas prendre la relève.
Triste premier voyage.
Accent Grave
Une femme libre, c'était en effet assez désagréable d'assister à la scène comme témoin auditif. Malheureusement, il devait bien s'agir de son père puisqu'il l'appelait "dad" (il était anglophone, sans doute américain, ce qui n'a aucune importance en fait.)
Félix, j'ai eu la même impression au début. Je trouvais ce père très attentif et aimant, me rappelant de beaux souvenirs avec le mien... jusqu'à ce que j'entende la claque. Je crois qu'il n'avait finalement aucun intérêt pour son fils. Il jouait au père et c'est son jeu qui l'intéressait.
Accent grave, oui c'est triste pour l'enfant et déplorable pour le père de penser bien éduquer son fils en le frappant alors que l'instant ce devait d'être mémorable.
S'il a vraiment de la chance, il aimera l'intelligence reçue de son père et s'autorisera un mode d'éducation différent avec son propre fils, laissant son père jouer sa comédie du pouvoir sans plus y participer.
On lui souhaite, hein!
Terrfiante cette note.
Nous avons tous et toutes des conceptions très personnelles de l'éducation.
Quel terme magnifique que celui là.
L'éducation à la force des coups est quelque chose qui me dépasse très profondément...
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